Quel pâturage idéal ?

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Quel pâturage idéal ?

Message par MaLys le Lun 9 Juin - 16:27

On reconnaît l'importance des pâturages chez les herbivores depuis fort longtemps.
Encore aujourd'hui, les effets bénéfiques chez les chevaux sont nombreux. Laissé à lui-même dans un environnement naturel, le cheval passe entre 60 et 80 % de son temps à brouter. L'exercice et l'air frais améliorent la qualité des sabots, la densité osseuse et réduit les problèmes respiratoires. De plus, cet animal social a besoin de contact avec ses congénères. Cela lui permet également de faire de l'exercice, bienfaisant pour cet athlète, réduisant l'ennui souvent à l'origine des vices d'écuries. De plus, la mastication très importante au pâturage permet une usure plus uniforme des dents, ce qui réduit le besoin de les râper.

Chez le poulain, des recherches démontrent que l'utilisation du pâturage au cours de la première année produit le maximum d'effets bénéfiques sur le cartilage, les tendons, les ligaments et les muscles. Par contre, des poulains gardés à l'intérieur, même s'ils ont accès à de brèves périodes d'exercices intenses, deviennent plus à risques de développer des problèmes reliés à ces tissus.

Comment bien gérer les pâturages?

Une saine gestion des pâturages commence par :
1. L'absence d'objets potentiellement dangereux susceptibles de blesser l'animal. Quelques exemples de tels objets sont la présence de machinerie agricole dans les champs, de souches pointues, de pièces de métal, de vieilles broches et de petits objets susceptibles d'être avalés et de causer des problèmes.
2. Une surface de champ uniforme exempte de trous de marmottes ou autres.
3. Des clôtures sécuritaires pour l'animal. À titre d'exemple, des rubans larges électrifiables sont très visibles et sécuritaires, car ils cèderont sous la pression. Si on utilise un seul ruban, on le place à 84 cm du sol. Par contre, deux rubans se retrouvent respectivement à 51 et 91 cm du sol, alors que si on décide que trois rubans sont nécessaires, leurs dispositions seront à 41 cm, 71 cm et 102 cm respectivement.
4. L'absence de plantes toxiques.
5. Le pâturage doit être nutritif, uniforme et permettre à l'animal de faire de l'exercice.
6. La présence et la disponibilité constante d'eau.
7. La présence d'abris à trois côté pour les conditions climatiques défavorables (pluie, neige, vent, froid, soleil accablant, etc.), orienté face au sud-ouest.
8. Un programme de lutte antiparasitaire adapté et planifié avec votre vétérinaire praticien. Sur cette base, des recherches démontrent que le meilleur moyen pour prévenir l'infestation au pâturage consiste à ramasser le fumier au champ à tous les jours ou 2 fois par semaine au minimum. Évidemment, cette pratique est extrêmement laborieuse. À défaut, on s'assurera d'envoyer des chevaux au champ avec un taux de parasites le plus bas possible. En consultant votre vétérinaire, vous conviendrez ensemble du meilleur plan d'attaque possible. De plus, pour réduire le taux d'infestation au champ il faut éviter d'étendre le crottin. Cette pratique, bien que bénéfique pour la fertilisation, étend les oeufs de parasite et les disperse à la grandeur du pâturage. Les chevaux évitent naturellement de brouter près des endroits de défécations où les oeufs de parasites abondent. Ils possèdent donc l'instinct ou le réflexe d'éviter de se recontaminer en ne broutant pas à ces endroits. Par contre, si les animaux demeurent au champ affamés, ils finiront par brouter même aux zones de défécations et se réinfesteront inévitablement.

La grandeur des parcelles broutées influent également sur la qualité du pâturage. Une situation idéale consiste à fournir aux chevaux des parcelles de dimensions modestes qu'ils mangeront rapidement. On les y introduit lorsque l'herbe est à une hauteur de 15 à 25 cm, pour les y retirer lorsque celle-ci est à 5 cm, un, deux ou trois jours plus tard. Laisser brouter à moins de 5 cm ralentit la repousse de l'herbe, car on épuise ainsi la plante. Le regain est donc retardé et notre vitesse de rotation ultimement ralentie. De plus, lorsque l'herbe est trop courte sur des sols très sablonneux, les chevaux peuvent ingérer du sable et développer des coliques de sable. On a donc tout avantage à retirer les animaux lorsque l'herbe est rasée à environ 5 cm.
Règle générale, le moins longtemps les chevaux sont dans une même parcelle, le plus uniformément celle-ci est broutée. Cette gestion des pâturages a permis d'obtenir chez des poulains d'un an des taux de gain de 0,6 kg/j avec des pâturages uniquement comparativement à seulement 0,23 kg/j, soit 2,6 fois moins que des poulains comparables placés dans de grands champs où on ne pratiquait pas de rotation des parcelles.

Au printemps, l'herbe pousse plus rapidement que les chevaux peuvent en ingérer. On fauche les parcelles qui dépassent 25 cm pour en faire du foin. Le regain servira plus tard dans la saison, lorsque la croissance de l'herbe aura ralenti et qu'un plus grand nombre de parcelles deviendra nécessaire.

Un grand champ peut être divisé facilement en plusieurs petites parcelles avec des rubans électriques larges et hautement visibles. On peut même placer différents objets très visibles le long des clôtures temporaires pour que les chevaux les voient bien. On pense alors à de petits drapeaux orange, par exemple. Il demeure important de toujours garder un point d'eau disponible.

En pratiquant cette façon de gérer les pâturages, la plupart des chevaux bénéficieront au maximum des bienfaits de cette alimentation. Cela permettra de réduire très significativement les besoins en concentrés réduisant d'autant les risques de complications digestives. Par contre, des pâturages mal gérés entraînent des risques de fourbures, particulièrement chez les chevaux à risques, comme les poneys et les bêtes trop grasses.

Les chevaux au repos ou en réhabilitation après une blessure ne peuvent trouver ailleurs une meilleure thérapie qu'au pâturage. Généralement, leur seul besoin supplémentaire consiste en un apport d'eau, de sel, d'oligo-éléments tout en s'assurant de l'équilibre minéral adéquat pour le cheval. Ces chevaux prennent généralement du poids avec de bons pâturages.

Un autre exemple similaire se rapporte aux juments poulinières. Le pâturage seul suffira généralement pour les deux premiers tiers de gestation. Par contre, vers la fin de la gestation ainsi que pendant la lactation, une complémentation en concentrés s'avère généralement nécessaire.

Chez les poulains, on ne peut trouver mieux que les pâturages pour eux. Avec une complémentation appropriée, les pâturages offrent une alimentation de qualité et de l'exercice à profusion. C'est la méthode qui produit les poulains les plus résistants et les plus robustes pour une génétique donnée, avec le moins de risques de problèmes orthopédiques.

Le cheval possède un système digestif particulier lui permettant de digérer les fourrages. On y retrouve une fermentation microbienne importante. Ainsi, les microbes qui s'y trouvent « s'habituent » à un type d'alimentation. Pour éviter de les brusquer et de les indisposer (comprendre problème digestif chez le cheval), on procèdera à tout changement alimentaire de façon graduelle. Le passage du foin sec au pâturage constitue un changement d'alimentation drastique. Il faut habituer nos microbes sur une période s'échelonnant entre 10 et 15 jours, de façon à avoir des microbes heureux et un cheval qui ne fait ni colique ni fourbure. Pour ce faire, on sort notre animal pour de brèves périodes au printemps en s'assurant que notre cheval a bien mangé son aliment coutumier (foin) avant de sortir. On majore graduellement la période passée à l'extérieur pour en arriver à notre alimentation à base de pâturage.

Quels types ou quelles espèces de plantes fourragères doit-on produire pour les chevaux aux pâturages ?

Avant de répondre à cette question, mentionnons que les chevaux s'adaptent à la plupart des plantes fourragères cultivées. Des particularités existent concernant certaines espèces de plantes fourragères chez les chevaux. De façon générale, les légumineuses (trèfle, luzerne, lotier) sont très riches, trop riches même en protéines pour la plupart des chevaux. De plus, elles restent fragiles au piétinement. Ce n'est donc pas une bonne idée de semer des légumineuses pures. Il faut plutôt les associer avec des graminées comme la fléole ou le mil, le dactyle, le brome, etc. Les pâturages composés de sorgho et d'herbe de soudan peuvent contenir de l'acide prussique, toxique pour les chevaux. Ils sont par conséquent à éviter.

En conclusion, les pâturages constituent pour la plupart des chevaux l'alimentation idéale. Ils leur permettent de faire amplement de l'exercice et améliorent leur équilibre physique. Avec quelques précautions de base, les pâturages constituent un aliment très sécuritaire.

Merci à dany.cinq.mars@mapaq.gouv.qc.ca qui a pris le temps de rédiger les quelques lignes ci-dessus.

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